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La méthode

Networker en courant : pourquoi ça marche mieux qu'un cocktail.

Quatre ans, 48 éditions, plus de 400 entreprises lyonnaises passées par le club. Voici ce qu'on a appris en observant ce qui se passe vraiment quand des dirigeants courent ensemble, et pourquoi ce format produit des effets qu'un networking classique ne produit jamais.

Julien Dereumaux
Par Julien Dereumaux, organisateur Entrep'runners depuis 2022
Publié le 17 juin 2026 · Mis à jour le 19 juin 2026

Le networking traditionnel a un problème évident : tout le monde y joue un rôle. On porte sa marque, on optimise sa présentation, on cherche à se positionner. C'est épuisant et la qualité des échanges en pâtit.

Dans un format running, ce théâtre s'effondre dès le premier kilomètre. Personne ne peut maintenir une posture quand son rythme cardiaque tape à 160 et qu'il transpire sur les quais du Rhône. Et c'est précisément cette défaillance de la posture qui rend le format intéressant.

Dirigeants en discussion pendant une sortie running Entrep'runners
Conversations qui démarrent en courant : c'est en cinq minutes côte à côte que les vraies discussions s'ouvrent, là où un déjeuner formel mettrait une heure. · Photo : Entrep'runners · Source · Tous droits réservés

L'effort partagé crée une intimité que le verre n'atteint pas

Quand tu cours 8 km à côté de quelqu'un, vous traversez ensemble plusieurs phases physiologiques. L'échauffement où l'on parle facilement. Le milieu de course où l'on raréfie les mots. La dernière côte où l'on encourage l'autre. Cette traversée commune crée une forme de complicité que deux heures en cocktail ne fabriquent jamais.

Pas étonnant que des dirigeants qui se connaissent depuis quelques mois via le club deviennent vraiment proches, alors que d'autres qui se croisent depuis dix ans dans les mêmes événements restent à un niveau de conversation superficiel.

Les sujets qui sortent vraiment

Difficile à prédire avant d'avoir essayé. Mais il y a des récurrences nettes après 48 éditions. Les conversations qui démarrent sur un footing tournent presque toujours autour de :

Ce dernier point est probablement le plus utile. En cocktail, on parle de succès. En courant, on parle d'erreurs. Et c'est dans le récit honnête des erreurs des autres que les vrais apprentissages se font.

Groupe de dirigeants après une sortie Entrep'runners, autour d'un apéro chez Pilot'in
L'apéro post-run chez Pilot'in : moment de recomposition des groupes où les conversations s'approfondissent. 80% de la valeur networking se produit ici. · Photo : Entrep'runners · Source · Tous droits réservés

Le rôle critique de l'apéro qui suit

Le run seul ne suffit pas. Si tout le monde repart immédiatement après la douche, la conversation reste en surface. C'est l'heure d'apéro qui suit qui transforme une rencontre en relation.

À l'apéro, les groupes se recomposent. Tu te retrouves à parler à quelqu'un avec qui tu n'as pas couru. Tu approfondis avec une personne qui t'a marqué pendant les 8 km. Tu donnes ton mobile à quelqu'un parce que vous avez identifié un sujet commun précis.

Le format sport + apéro n'est pas un détail d'organisation. C'est la mécanique principale. Couper l'apéro reviendrait à enlever 80 % de la valeur produite.

En quatre ans, j'ai observé des recrutements clés, des partenariats commerciaux, des coachings informels naître sur les Berges du Rhône à 19h15. Aucun n'était prévu. Aucun n'aurait existé en cocktail. Le format n'a rien de magique, il enlève juste tout ce qui empêchait ces conversations dans les autres contextes.
— Julien Dereumaux, organisateur Entrep'runners depuis 2022

Les types de retombées concrètes

Quatre années de retours observés, sans avoir mesuré scientifiquement :

Des partenariats commerciaux nés entre membres (agence digitale + société industrielle, restaurateur + foncière, M&A + entreprise familiale qui voulait céder). Très peu de ces partenariats étaient prévus. Tous ont émergé d'une conversation pendant ou après un run.

Des recrutements directs ou indirects. Un membre cherche un directeur commercial, un autre dans le groupe a quelqu'un en tête, l'introduction se fait. La spécificité : le candidat introduit par un membre du club a déjà été "filtré" par la confiance qu'on a en l'introducteur. Les taux de transformation montent.

Des coachings et mentorings informels. Un dirigeant en pleine décision difficile en parle pendant un run à un pair qui a vécu la même situation cinq ans plus tôt. L'échange dure parfois 20 minutes pendant la course, parfois trois heures à l'apéro qui suit. Sans facturation, sans formalisme.

Pourquoi ça ne marche pas pour tout le monde

Soyons clairs sur les limites. Le format ne convient pas à tout le monde. Les profils qui en tirent peu, voire rien :

Si tu te reconnais dans un de ces profils, ce format n'est probablement pas pour toi, et c'est très bien. Il existe d'autres formats de networking parfaitement valables.

Comment reproduire la méthode ailleurs

Plusieurs personnes nous demandent comment lancer un club similaire dans leur ville. Trois principes qu'on retient des quatre années :

Premier principe : ne jamais changer le format. La tentation d'innover à chaque édition (yoga, vélo, trekking) tue la régularité. La même chose tous les mois construit la communauté plus efficacement que la variété.

Deuxième principe : un organisateur incarné, pas un comité. Le club a un visage (le tien si tu lances), pas une association. Les gens viennent autant pour la personne qui invite que pour le format. C'est moins scalable, mais ça produit une vraie communauté.

Troisième principe : zéro cotisation, zéro engagement. Dès qu'on facture, on perd la diversité. Dès qu'on impose une présence régulière, on filtre les profils intéressants qui voyagent. La gratuité absolue est compatible avec le sérieux de l'organisation.

Questions fréquentes

Pourquoi le networking en running est-il plus efficace qu'un cocktail business ?+
Trois raisons cumulées : la course efface les asymétries de pouvoir (tout le monde sue), elle force une horizontalité physique, et elle empêche de jouer un rôle pendant 50 minutes. Le théâtre du networking traditionnel s'effondre dès le premier kilomètre.
Quels résultats concrets observés en 4 ans avec Entrep'runners ?+
Des partenariats commerciaux nés entre membres (agence digitale / société industrielle, restaurateur / foncière), des recrutements directs ou indirects, des coachings et mentorings informels. Tous émergés naturellement, jamais demandés frontalement.
Faut-il être à l'aise en running pour en tirer un bénéfice networking ?+
Non. Le bénéfice vient du format collectif et de la durée passée ensemble, pas de la performance sportive. Quelqu'un qui marche les côtes capte autant de valeur sociale qu'un coureur expérimenté.
Peut-on lancer un format similaire dans une autre ville ?+
Oui, sous trois conditions : ne jamais changer le format (la régularité construit la communauté), un organisateur incarné avec un visage (pas un comité), zéro cotisation (la gratuité préserve la diversité).
Le format running entre dirigeants convient-il à tous les profils ?+
Non. Il ne convient pas à ceux qui cherchent un retour commercial mesurable au trimestre, à ceux qui détestent le sport en groupe, ou à ceux qui veulent garder une distance professionnelle stricte. Pour ces profils, d'autres formats existent.
Combien de temps faut-il pour récolter les premiers bénéfices ?+
Compter 3 à 6 mois de présence régulière avant que les premières introductions ou conversations significatives émergent. Le format demande un investissement temporel court (2h30 par mois) mais cumulatif sur plusieurs cycles.

Envie de courir avec nous ?

Une sortie conviviale par mois entre dirigeants lyonnais. Départ chez Pilot'in, 8 à 10 km, apéro après.

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